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France/Lycées-Entre 400 et 500 établissements encore fermés avant les manifestations prévues mardi
information fournie par Reuters 05/10/2026 à 21:55

(Actualisé avec arrestations, blessés)

Entre 400 et 500 lycées - et certains collèges - sont fermés lundi en France, sur un total de 3.700, signe que la mobilisation des lycéens contre la dégradation des conditions d'enseignement ne faiblit pas à la veille de grandes manifestations prévues à travers le pays.

Au lendemain d'une lettre envoyée par le Premier ministre Sébastien Lecornu invitant plusieurs ministres, dont celui de l'Education nationale, à engager cinq chantiers pour tenter de répondre aux préoccupations des lycéens, d'autres membres du gouvernement lancent un appel à la fermeté.

"La priorité, c'est d'abord de rétablir l'ordre", a déclaré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, sur CNews.

"Des revendications peuvent être légitimes, mais entre des lycéens qui ont des choses à dire, encore une fois de manière pacifique et légitime, et des violences urbaines, il y a un monde où c'est deux choses complètement différentes", a-t-elle ajouté.

Elle s'exprimait alors que de nouveaux débordements de violence étaient signalés lundi en marge de blocages à Paris, Lille ou encore Toulouse.

Quelque 589 établissements étaient perturbés lundi contre près de 800 vendredi, a annoncé le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray en déplacement dans un lycée de la ville de Guyancourt (Yvelines), faisant état d'une "nette décrue".

Pour nombre de responsables de gauche, les violences accompagnant la contestation lycéenne qui a débuté le 21 septembre dans l'académie de Créteil (Val-de-Marne) s'expliquent en partie par le temps mis par le gouvernement à ouvrir la discussion et par la réponse répressive apportée à ce mouvement.

"Nous avons été scandalisés de ce que nous avons vu depuis 10 jours et de cette répression inédite que le gouvernement a organisée contre la mobilisation des lycéennes et des lycéens", a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, sur TF1.

Elle a confirmé que les "militantes et les militants" de la CGT seraient présents mardi dans les cortèges pour "protéger les lycéennes et les lycéens".

Les élèves qui bloquent les lycées dénoncent notamment des classes surchargées, un manque d'enseignants ou encore la vétusté des bâtiments, attribuant ces problèmes à des années de sous-investissement dans le secteur de l'enseignement public.

Depuis le début du mouvement, 5060 personnes, majoritairement des mineurs, ont été placées en garde à vue, a annoncé le ministère de la Justice.

Pour la journée de lundi, 984 personnes ont été interpellées, selon le ministère de l'Intérieur, qui rapporte également que 65 membres des forces de sécurité intérieure (FSI) ont été blessés.

Les affrontements entre étudiants et forces de l'ordre ont fait 215 blessés chez les élèves et 715 chez les policiers et gendarmes, selon l'entourage de Sébastien Lecornu, qui a tenu dans l'après-midi une réunion avec les ministres de l'Intérieur, de l'Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.

Matignon fait également état d'une dizaine d'enquêtes ouvertes par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Interrogé sur Sud Radio, Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, a déclaré craindre lors des manifestations prévues mardi "un embrasement au niveau national - enfin lycéens plus étudiants".

"Il y a des discussions entre des lycéens et des étudiants, on a des blocages, il n'y a pas eu de violences dans les universités (...). Je pense que (la manifestation du 6 octobre) sera suivie (par les étudiants)", a-t-il ajouté.

(Rédigé par Benoit Van Overstraeten avec Nicolas Delame)

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